Via plata : canaveral-galisteo
10 septembre 2006

VIA PLATA - CHEMINEMENT A 4 PIEDS

Les carnets d'un mécréant et d'une pèlerine

Etape : 16 - Cañaveral - Galisteo

Le trek du mécréant

La lune est là pour éclairer le chemin et, après un ravitaillement en eau fraîche à la station d'essence (autrement l'eau fraîche est tiède), direction l'ermitage San Christóbal.
Je pars seul ce matin car l'étape d'hier a été trop éprouvante pour Claudette qui souhaite récupérer.
A l'ermitage, la photographie de nuit avec la lune est impossible car les deux sujets ne sont pas dans le même axe. Dommage !

Le chemin n'est pas en très bon état et la frontale est obligatoire malgré le très joli clair de lune. Je suis les bornes car j'ai perdu les flèches jaunes.
Première forte pente d'un dénivelé de 70 m environ (tout est un peu bouleversé à cause de l'autoroute). Je continue en sous-bois pour arriver à un hôtel. Je manque le chemin et je suis obligé de continuer sur 5 km de goudron jusqu'à Grimaldo. Je n'ai pas le guide que j'ai laissé à Claudette, mais je me souviens que je peux rejoindre la piste à la sortie de ce village.
Je rejoins la calzada en pensant à ce catalan que j'ai rencontré et qui m'a dit avoir déjà fait 12 fois le camino francès !!! Je ne comprends pas ce comportement.

16 - Cañaveral - Galisteo

C'est une région sans cochon. Ce matin l'air sent le sapin et ensuite une odeur très agréable, légèrement anisée.
Est-ce que le temps va changer ? Il y a du vent qui donne une sensation de fraîcheur (mais il fait peut-être 30º à l'ombre à 10 heures).

Encore des détritus sur le chemin qui n'est emprunté que par les gens qui font le Camino.
Pendant un certain temps, le chemin longe un canal d'irrigation, et l'on a envie de faire un plongeon. Du fait de l'eau, quelques champs sont verts. La récolte du tabac bat son plein.

On découvre Galisteo au sommet de la côte ; cité sur un promontoire, entourée d'une muraille. Le parcours du jour n'a pas été particulièrement difficile à part la forte montée du départ et en fin d'étape, un dénivelé d'une trentaine de mètres en plein soleil.

C'est donc encore une journée normale avec repas au restaurant, farniente l'après-midi et visite du bourg en soirée.

Les gens qui parcourent le Camino Via-Plata sont des malpropres car derrière le gîte, il y a un amoncellement de détritus, bouteilles, canettes, etc...
Je pense que je ne ferai pas le Camino frances car ces gens ne m'intéressent pas. Je préfère par exemple parcourir le GR 3 dans son entier (le long de la Loire) ou effectuer d'autres circuits de montagne.
Une chance qu'il y a tout ce passé historique à visiter et le plaisir à ressentir la gentillesse des gens dans les villages traversés.

Le gîte comprend lit et douche avec de l'eau froide. Cela nous change de l'eau tiède qui est difficile à boire, mais qui est presque toujours sans goût donc bonne à boire gustativement.

Le voyage de la pèlerine

L'étape est annoncée pour 28,500km.
Descente de 364m. à 280m., après, entre autres, une montée sérieuse au Puerto de los Castaños, à 500m.

Lever à 7h.30... Pour moi !
Départ vers 9h.00
Arrivée à 12h.00.

Bien, c'est le 10 septembre, aujourd'hui. Déjà...
Maurice part avant 6h.00. Je l'accompagne à la porte, au cas où...
Mais, fortement échaudée par mon étape de la veille, je décide de me reposer quelque peu et de rejoindre Galisteo en autostop. Le dimanche, il n'y a ni train ni autocar, et de plus, nous nous trouvons à la jonction des horaires d'été et d'hiver.

Vers 9h00, après un agréable desayuno au bar, je rejoins donc le poste d'essence. J'explique au pompiste, aidée de peregrinos cyclistes dont l'un parle le Français. Le pompiste accepte de m'aider en demandant aux automobilistes qui s'arrêtent de me prendre dans leur véhicule.
Nous sommes dimanche, et tous les véhicules sont remplis de familles entières.
En désespoir de cause, vers 11h.30, je décide de prendre un taxi. Le pompiste m'en appelle un par téléphone, et, pour 25,00 €, j'arrive, fraîche et dispose, à Galisteo. Sur le chemin, le chauffeur de taxi m'apprend certaines choses sur les porcs ibériques, sur le pimento et le pimenton.

Galisteo! Magnifique cité médiévale...?... mauresque...?...! encore entourée de ses murailles restaurées, aux créneaux témoignant de différentes époques. Cette cité enferme, entre autres, la torre del Homenaje (tour de l'Hommage); l'église à l'abside mudéjare; des ermitages.

A mon arrivée, je me hâte vers la tienda, où Maurice me rejoint. Il détient déjà la clef de l'albergue municipal, que Pedro, un charmant monsieur âgé, lui a remise en échange de 3,00 €, et d'un tampon sur la credencial.
Au sortir de la tienda, je vais trouver Pedro pour remplir les mêmes formalités.
Il décide de nous accompagner jusqu'à l'albergue, située à 1km, tout en bas de la côte, non loin du río Jerte...

Journée traditionnelle...
Vers 19h.00, nous partons à l'assaut de la ville. Nous montons sur les remparts. Maurice fait des photos de l'extérieur des différentes églises et ermitages...

Roger, le sympathique peregrino espagnol qui avait marché hier 29km sans eau, nous offre un verre, sur la place du village. J'en profite pour lui dire le fond de ma pensée. Comme tous les Espagnols, il est impressionné par le fait que nous partions tous les matins aussi tôt.

16 - Cañaveral - Galisteo

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